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La Mythologie Carthaginoise

il y a 2 ans
Rares sont les dieux qui peuvent se venter d’une telle longévité. Baal, le vieux dieu Sémite, en fait partie : son culte a été sans cesse célébré de ~ 3000 à l’époque romaine. Son nom, (« le maître »ou « l ‘époux » : synonymes révélateurs de sociétés où l’homme est le maître de son épouse) se retrouve dans tout le Moyen Orient, depuis les zones peuplées par les peuples Sémites, jusqu’aux colonies phéniciennes, au premier rang desquels on trouve l’ éternel Carthage, la ville dont le nom est à jamais attaché à celui du Dieu. Il est toujours accompagné d’une divinité féminine dont les noms changent, Astarté, Ishtar ou Tanit à Carthage, la Tanit proposé par Flaubert dans son superbe Salambô. Baal n’est d’ailleurs qu’une désignation générique, c’est le second qualificatif qui révèle quel abord de Baal est ici adoré : Baal Marcodès, Dieu des danses sacrées, Baal Shamen, Dieu des cieux, Baal Bek, le Baal solaire et surtout Hammon-Baal, le redoutable dieu carthaginois…
C’est Carthage qui nous laisse deviner avec le plus de précision l’un des aspect qu’eurent ces Baal tardifs. La mieux connue et la plus considérables des colonies phéniciennes rompit en 480 avec sa métropole, au lendemain d’un combat perdu. Le culte local de Baal refléta cette évolution, se concentrant sur le rite lié des deux divinités Hammon-Baal et Tanit, le Jour et la Nuit, le Soleil et la Lune. Les Grecs ne s’y trompèrent pas et le couple divin des Carthaginois n’est plus associé à Zeus et Aphrodite mais à Saturne (ou Cronos) et Héra, la sauvagerie des temps originels alliée à l’austérité de l’époque de Zeus. Changement significatif pour Baal. Les Grecs ne l’identifient plus comme la sagesse même, mais bien à la violence et aux mythes les plus violents de la théogonie hellène : rappelons que Cronos mangeait ses propres enfants, que Saturne représente toute la sauvagerie originelle, la folie des temps premiers. Les sacrifices que la ville organisait pour le plaisir du Dieu sont les plus connus, parce qu’ils ont marqué la mémoire des contemporains comme au fer rouge. Diodore de Sicile, qui connaît d’autant mieux Carthage que les luttes furent permanentes entre les Grecs et Carthage pour le contrôle de la riche Sicile.